Institut de Formation et de recherche du Mouvement pour une Alternative Non violente

Quelques repères sur la non-violence

Non-violence

La non-violence fait appel au désir de ne pas nuire à l’intégrité physique et à la dignité d’autrui.

C’est Gandhi qui a offert à l’Occident le mot « non-violence » en traduisant en anglais le terme sanscrit ahimsa (littéralement « a » : ne pas, et himsa désir de nuire, de faire violence à un être vivant). L’ahimsa est la reconnaissance, l’apprivoisement, la maîtrise et la transmutation du désir de violence qui est en l’être humain et qui peut le conduire à vouloir écarter, exclure, éliminer ou meurtrir l’autre.

L’ambition de la non-violence est de « civiliser » la vie. La non-violence est à la fois une posture éthique et un mode d’action. Elle suppose d’une part, de ne pas collaborer avec la violence, et d’autre part, de construire plus de justice[1].

A ceux qui rejettent la non-violence sous prétexte que la « non-violence absolue » est impossible, nous répondons que la non-violence est un chemin à prendre plus qu’un but à atteindre.

C’est par la réflexion, la prise de recul, le changement des pratiques que l’IFMAN propose une alternative à la violence.

Régulation des conflits

Le mot « conflit » ou « crise » en chinois a deux significations : « menace, danger », et « opportunité, chance ». Le conflit fait partie de la vie. Il naît de confrontations de valeurs ou d’intérêts et n’est ni bon, ni mauvais en soi. C’est parfois le conflit qui permet de sortir de situations de soumission, de déséquilibre dans les rapports de force, voire de violence.

Les conflits non régulés conduisent souvent à la violence. La régulation de ces conflits a pour but d’en sortir par le haut : parfois en trouvant un accord entre les parties, au minimum en réduisant le degré de violence qu’ils suscitent.

La gestion des conflits, ou plutôt leur régulation non-violente, suppose d’interroger :

  • les émotions en jeu : quelles sont les colères, les peurs, les déceptions… qui alimentent le conflit ?
  • le cadre posé : quelles sont les règles, au travail comme en famille, comment sont-elles instituées, tenues, expliquées, voire négociées ? Qu’advient-il si elles ne sont pas respectées ?
  • les fonctionnements institutionnels, pour des conflits relevant du monde professionnel : en quoi le fonctionnement de l’institution ajoute aux tensions ou au contraire facilite la régulation des conflits ?
  • Une forme de régulation : la médiation

    La médiation est l´intervention d´une tierce personne pour rétablir la communication entre des protagonistes. Le médiateur n´a pas pour fonction de définir un gagnant ou un perdant, mais de renouer le dialogue pour que les parties concernées puissent apporter elles-mêmes la solution à leur conflit. Elle ne peut être engagée que si elle est souhaitée par les deux parties.

    Un outil de régulation : la CNV

    La communication non-violente a pour objet de faciliter la communication entre adultes. Vous avez une demande à faire à votre conjoint, votre chef de service, votre voisine : la CNV vous propose de parler de vous-mêmes, de vos ressentis et besoins, pour formuler une demande précise. Elle suppose d’être sincère, respectueux et réceptif dans l’expression.
    La communication non-violente est l’un des outils de la régulation non-violente des conflits.

Action non-violente

L’action non-violente constitue avant tout une recherche d’efficacité, pour faire entendre sa propre voix face à un protagoniste qui n´écoute pas. Sous le terme d´action non-violente se retrouvent différentes façons de modifier un rapport de forces, en exerçant une contrainte économique, morale, politique, etc. en fonction du contexte. L’action non-violente suppose de définir un objectif clair, précis, réalisable, ainsi que les étapes pour y arriver.



[1] Extraits du Dictionnaire de la Non-Violence, Jean-Marie Muller, 2005, les éditions du Relié.