Repères
Non-violence tous les repères Faire face au conflit en se respectant mutuellement n´interdit pas, et ne dispense pas, d´exercer des contraintes, à l´encontre d´un individu ou d´un groupe. Aussi bien pour amener un adversaire à la table des négociations que pour faire respecter une loi. Agir de manière non-violente c´est affirmer un respect inconditionnel du droit à la vie et à la dignité de chaque être humain. C´est donc à la fois respecter les autres, y compris celui qui agresse, mais aussi se faire respecter et se respecter soi-même. C´est viser au dialogue et le faire savoir. Le choix d´une attitude non-violente invite à faire une distinction claire entre l´objet du conflit et les personnes en situation de conflit. Cela ne va pas de soi; cela s´apprend. La non-violence s´appuie sur les capacités à s´affirmer paisiblement, à analyser lucidement, à coopérer loyalement, à imaginer des solutions inédites. La non-violence fait appel à la conscience de l´autre, sans être dans l´illusion de la réussite assurée, car l´autre garde le pouvoir et la liberté de refuser. La non-violence ne se soumet pas à l´injustice et à l´oppression. Elle est force de résistance et de proposition. Elle ne vise pas la domination de l´autre, mais cherche l´équilibre des rapports de force pour permettre le dialogue et la négociation. Dans les situations ordinaires, où la culture condamne la violence, la non-violence commence par l´interdit du passage à l´acte violent puis invite à développer des outils efficaces pour réguler les conflits de façon positive. Dans les situations plus difficiles, le contexte culturel dominant tolère, voire légitime la violence, la non-violence, c´est commencer par dire non à cette culture de violence, et agir à contre courant. S´engager dans la recherche d´alternatives non-violentes est un défi ! Mais n´est-ce pas ce choix radical qui fonde les droits de l´Homme ?
Régulation des conflits tous les repères Au moment où un désaccord fort se manifeste, les réactions émotionnelles peuvent prendre des proportions importantes. Pour prévenir une crise grave ou passage à l´acte violent, il faut d´abord prendre de la distance avec ce qui alimente l´émotion. La peur, la colère, l´agressivité sont des réactions normales, mais la résolution durable du conflit n´est possible qu´après un nécessaire temps d´apaisement. Au besoin il y a lieu de travailler sur sa propre capacité à apaiser les tensions pour soi-même et chez autrui. Ensuite, il s´agit de recourir à l´élément tiers approprié. Selon les cas il s´agira d´arbitrage, de conciliation, de médiation, d´écoute. L´arbitre tranche et juge en fonction d´une règle établie. Il énoncé le droit et garantit l´ordre collectif. Le conciliateur formule des propositions de compromis pour amener les deux parties opposées à s´accorder. Le médiateur a pour mission de rétablir la communication entre les parties pour qu´elles puissent trouver leur solution au conflit. L´écoutant offre un espace confidentiel où une personne peut apaiser son émotion et construire ses propres réponses.
Action non-violente tous les repères Faire entendre sa propre voix face à un protagoniste qui n´écoute pas nécessite de donner de la force à cette voix. Il s´agit de contraindre l´autre à être obligé de prendre en compte ce qui est dit. Sous le terme d´action non-violente se retrouvent différentes façons de développer un rapport de forces dans le respect des personnes. L´action exercée vise à ne pas atteindre l´intégrité physique, psychologique et morale de l´adversaire. Elle manifeste sa force en utilisant un ou plusieurs leviers : contrainte économique, contrainte morale, contrainte politique, en fonction du contexte du conflit. L´action non-violente s´organise en général par étapes successives et demande du temps. Prétendre obtenir tout, tout de suite, est généralement un leurre qui conduit à la violence ou à des succès peu durables.
Médiation tous les repères La médiation est l´intervention d´une tierce personne pour établir, ou rétablir, la communication entre des protagonistes. Le médiateur n´a pas pour fonction de définir un gagnant ou un perdant, mais de renouer les fils du dialogue pour que les parties concernées tentent d´apporter elles-mêmes la solution à leur conflit. La médiation ne peut être engagée et aboutir que si elle est souhaitée par celles-ci. La médiation ne peut donc réguler tous les conflits. De même toutes les situations de conflits ne peuvent être du ressort de la médiation, l´arbitrage du garant de la loi doit s´imposer.
Sanction tous les repères La vie collective a besoin de règles et de lois respectées par tous. Face à la transgression, le premier acte à poser est toujours une parole qui rappelle le sens de ces règles et lois. Mais quand cette parole, parfois abondamment répétée, ne produit pas d´effet, le garant doit imposer une contrainte. La punition est par nature une contrainte qui vise à humilier, voire à faire souffrir. Elle conduit le puni à la soumission et produit de l´effet tant que demeure la crainte du garant. La sanction vise à la compréhension de la loi. Elle respecte la personne du sanctionné et espère son adhésion. Pour produire du sens, la sanction met en œuvre une triple contrainte : elle oblige à réparer le dommage causé à la victime, elle exige de rendre des comptes quant aux règles bafouées, elle demande de mettre des mots, pour soi-même, sur le sens de la transgression accomplie.